A contrario des autres questions, celle-ci n'est pas une traversée d'esprit mais un coup de katana de la réalité. Quand on pense que la vie est mal faite, on tient souvent à la remodeler avec les moyens du bord en incluant son plus proche entourage parce qu'après tout, eux aussi ont partagé nos playmobil et sans s'en rendre compte ont également pourfendus un spot publicitaire « en avant les histoires ».
Et pourtant, lorsque le plus petit zeste d'accroche à une vie rêvée nous tend la main, on a beaucoup de mal à résister de lui faire la bise. Cette dernière est délicieuse, onctueuse, raffinée mais comme bon nombre de gourmandise, elle colle. Et c'est le soir venu, que devant sa glace, on se nettoie les joues avec un rictus évoquant le petit ratio réussi devant la perception de cette vie idyllique néanmoins le revers de la médaille ne tarde pas quand, couché dans ce grand lit froid, on pense à la bêtise de l'action, au goût rétroactif et amer de la gourmandise : finalement une vie à 0% de matière fausse c'est mieux que la pomme d'Adam...
C'est con à dire, mais quel pied de se dire qu'un jour on a était une rock star parce que pendant un an on porté du cuir ; de se dire qu'on a touché des nichons parce qu'on a contact « so glam » sur myspace ; de se dire qu'on tient l'alcool parce chez tonton on est VIP ; de se dire qu'un jour on pourra faire de la scène parce qu'on a appris un morceau de gratte sur youtube ; de se dire qu'un jour on sera célèbre et que les jeun's nous oublieront pas parce qu'on est skyblog star et q'une plus on est « trendy »...le kif.
Je dis pas que je le fais, mais j'avoue que des fois, quand mouche me pique, j'ai tendance à juger la balance d'une vie, les trucs conditionnés versus les trucs au conditionnel, le verre à moitié vide versus le verre à moitié plein. Et ya des soirs avec M6 où j'aimerais bien que Nicole enjambe l'écran juste manière de réchauffer mon lit autrement qu'avec le chauffage au sol...des fois j'y pense, ouais, des fois j'y pense...
Jacques SALOME
